Ouest Nyonnais (E.de Portes)


  • màj.: 10 décembre 2008.

Vaccination contre des papillomavirus

-  Première partie : comment réagissez-vous ?
-  Deuxième partie : Conférence-débat organisée le 6 octobre dernier, par l’APE de Terre-Sainte
-  Liens internet utiles


VACCINATION CONTRE LES PAPILLOMAVIRUS

Première partie :
comment réagissez-vous ?

En guise de préambule à l’article qui suit sur ce sujet brûlant, nous vous proposons de vous amuser avec ce petit test !

Votre fille vous ramène de l’école le livret « Vaccination contre les papillomavirus ».

    • Vous cherchez sur le web tous les renseignements qui vous aideront à prendre votre décision et vous en discutez avec vos parents, vos amis, vos voisins et vos enfants qui ont tous un avis différent. Vous vous sentez complètement et de plus en plus perdus !? (RR)
    • Vous remplissez sans attendre le bulletin d’inscription pour que le vaccin soit fait à l’école. Vous vous inscrivez en plus vous-même et, le jour du vaccin, prenez avec vous vos deux cochons d’Inde femelles, on ne sait jamais... ? (TT)
    • Vous vous écriez : -« Encore un vaccin ! Et c’est de nouveau les assurés et les contribuables qui vont le payer ! Tout ça pour enrichir les actionnaires des multinationales pharmaceutiques ! » ? (CC)

Le grand frère vous demande « C’est quoi cette histoire de papillomavirus ? »

    • Vous lui répondez : -« C’est un nouveau vaccin qui va permettre d’éviter le cancer de l’utérus et de sauver de nombreuses femmes chaque année ! » ? (TT)
    • Vous lui dites fermement : -« ça concerne les filles, va réviser tes leçons ! » ? (CC)
    • Vous lui demandez ce qu’il en sait et vous entamez avec lui une discussion sur les relations sexuelles, les moyens de se protéger contre les différentes maladies sexuellement transmissibles et sur les vaccins. Vous êtes content d’avoir abordé ces problèmes avec lui, mais pas plus avancé dans votre choix. ? (RR)

Le petite sœur s’inquiète : « Pourquoi les filles doivent se faire vacciner ? ». Vous répondez :

    • Parce qu’il y a dans le monde des gens qui veulent gagner beaucoup d’argent ! Je refuse qu’on vous fasse tous ces vaccins ! » ? (CC)
    • Chacun a le choix de se protéger comme il veut contre les différents dangers. Dans notre famille, nous mettons un casque pour aller à vélo, nous mangeons des légumes et des vitamines tous les jours et n’abusons ni de l’alcool, ni des médicaments. Mais pour les vaccins, nous ne savons pas encore quoi faire. » ? (RR)
    • Pour se protéger contre des méchants virus qui s’attaquent aux filles sans défense... L’Office fédéral de la santé publique le conseille, il est donc urgent de vacciner ta sœur, mais toi tu es encore trop petite ! » ? (TT)

Les voisins s’offusquent que vous n’ayez pas vacciné votre fille cadette : -« Au Québec, les filles sont vaccinées dès l’âge de 9 ans ». Vous répondez :

    • Nous ne savons pas s’il y a plus de risque de mourir du cancer de l’utérus ou du vaccin. Nous n’avons pas encore réussi à prendre une décision pour notre fille aînée, comment voulez-vous que nous nous décidions pour la petite ? » ? (RR)
    • Les douze médecins que nous avons consultés nous ont dit que nous pouvions attendre, puisqu’elle est encore loin de la puberté et de l’envie d’avoir une relation, mais nous hésitons encore un peu. » ? (TT)
    • Nous sommes totalement opposés à cette scandaleuse campagne de vaccination ! Ce vaccin est inutile et dangereux, comme tous les autres ! » ? (CC)

Si vous avez une majorité de (TT) :
Vous tremblez en permanence pour votre progéniture et vous seriez prêts à la vacciner contre les accidents de la route et la toxicomanie ! En attendant ces inventions, vous vous demandez comment faire rimer éducation avec santé et sécurité.

Si vous avez une majorité de (CC) :
Vous êtes contre par principe et ne perdez pas votre temps à essayer de comprendre les propositions de l’Office fédéral de la santé publique. Mais, vous semblez stressés et le stress est mauvais pour la santé et très contagieux pour les enfants !

Si vous avez une majorité de (RR) :
Vous avez compris que les vaccins ne constituent pas forcément la seule voie à suivre et ne sont pas sans risque, mais vous avez du mal à vous décider et vos incertitudes vous empêchent parfois de dormir !

.

J’ai voulu un style plutôt caricatural pour ces portraits que j’ai imaginés à partir des réactions que nous pouvons avoir en tant que parents, préoccupés par la santé de nos enfants, tout en étant parfois un peu dépassés par les événements. Mais heureusement, nous ne restons pas seulement dans une attitude « réactive », il nous arrive aussi de réfléchir, et c’est ce que je vous propose dans cette deuxième partie, nettement plus sérieuse !


VACCINATION CONTRE LES PAPILLOMAVIRUS

Deuxième partie :
Conférence-débat organisée le 6 octobre 2008,
par l’APE de Terre-Sainte

Etonnée par le fait que nous n’ayons reçu qu’une information peu diversifiée concernant la vaccination conseillée à nos filles, j’ai eu envie de faire un article dans ce bulletin. J’ai passé beaucoup de temps sur Internet à me documenter, en essayant de ne pas me noyer dans la masse d’informations concernant cette vaccination. C’est ainsi que m’est venue l’idée du petit jeu précédent. Ensuite, j’ai eu l’occasion de participer à la conférence-débat organisée par l’APE de Terre-Sainte et je souhaite vous en faire un rapide compte-rendu.

Les questions d’ordre politique ont été d’emblée écartées par les organisatrices de la conférence qui ont choisi d’éviter « d’entrer dans des polémiques infinies auxquelles nous n’avons de toute façon pas prise ».

Trois médecins ont présenté leur point de vue avant de répondre aux questions du public.

La doctoresse Magdalena KOHLIK, gynécologue au HUG, est favorable à ce vaccin, attendu depuis des années par son équipe. Je ne m’étendrai pas sur son exposé basé sur les données de l’OFSP, puisque les parents qui ont une fille en 7, 8 ou 9ème -donc concernés par la vaccination- les ont reçues [1]. Par contre, j’ai noté quelques affirmations qu’il me semble intéressant de vous communiquer.

  • Il faut différencier les infections dues aux différents papillomavirus (très fréquentes) et le cancer du col de l’utérus (environ 90 femmes par an, en Suisse). Entre le premier contact avec un papillomavirus et la déclaration éventuelle d’un cancer, il s’écoule plusieurs années, voire même plusieurs décennies.
  • Le vaccin proposé en Suisse (Gardasil ?) protège contre les papillomavirus 16 et 18, impliqués dans 70% des cancers du col de l’utérus et les papillomavirus 6 et 11, responsables de 90% des verrues génitales.
  • Les 300’000 femmes vaccinées présentent une immunité excellente après 9 ans, on peut donc dire que le vaccin est efficace contre les papillomavirus visés.
  • Les coûts de la campagne de vaccination pourront être compensés par une diminution des traitements et des examens (la colposcopie [2] est très coûteuse et se pratique tous les 6 mois pendant 2 ans, sur toutes les femmes présentant des lésions).

La doctoresse Nathalie CALAME, généraliste, homéopathe, n’a pas une position anti-vaccin : elle discute avec ses patients, les informe des avantages et des inconvénients de chaque vaccin et leur laisse le choix. Elle a relativisé certains chiffres avancés par la doctoresse Kohlik (concernant le nombre d’années de recul, par exemple) et a fait remarquer que la mortalité due au cancer de l’utérus est en constante diminution dans les pays qui pratiquent les tests de dépistage.

Par ailleurs, elle nous a présenté les autres facteurs de risque dans le cancer de l’utérus que les papillomavirus :

  • précocité des rapports sexuels
  • multiplicité des partenaires
  • prise de la pilule (qui induit souvent une diminution des autres précautions et une baisse de l’immunité)
  • tabagisme (qui entraîne une accumulation des toxiques dans la glaire cervicale)
  • niveau socio-économique (qui permet un accès plus ou moins facile à des bonnes conditions en matière d’hygiène, d’alimentation ou de suivi médical)
  • déficience en sélénium, en zinc et en certaines vitamines (peu présents dans les fast-food)
  • sensibilité individuelle, facteurs psychologiques.

Elle a en outre expliqué qu’à part le vaccin, il existe d’autres moyens de prévenir le cancer de l’utérus et que les médecines parallèles disposent de différentes stratégies pour relancer l’immunité (plantes, oligo-éléments, alimentation, etc.) et pour lutter contre ces virus (effet virucide des huiles essentielles, par exemple).

La doctoresse Françoise BERTHOUD, pédiatre homéopathe à la retraite, fait également partie du Groupe médical de réflexion sur les vaccins [3].

Elle a complété l’exposé de la doctoresse Calame, en rapportant les questions et les préoccupations que de nombreux chercheurs et médecins se posent par rapport à l’utilité et à l’efficacité de ce vaccin, ainsi qu’aux risques qu’il pourrait entraîner. Et elle estime qu’il faudra attendre au moins 30 ans avant d’avoir des réponses.

Elle a ensuite indiqué que dans certains pays des demandes de moratoires ont été déposées, tout en relevant l’impressionnante rapidité de la mise en place de la campagne de vaccination en Suisse. A la remarque que les médecines parallèles ont tendance à culpabiliser les personnes qui ne vivent pas vraiment sainement, elle a proposé la notion de responsabilité (ce que peut faire chacun pour maintenir ou renforcer son immunité). Elle a également parlé du rôle des émotions dans l’apparition du cancer.




Les questions du public ont permis à nos trois intervenantes de préciser plusieurs points importants, voilà ce que j’ai noté pour vous :

  • L’usage du préservatif est indispensable pour se protéger contre toutes les maladies sexuellement transmissibles, mais il ne suffit pas dans le cas des papillomavirus qui peuvent se transmettre par contact avec la peau (pas seulement par les parties génitales).
  • Les tests réguliers de dépistage restent indispensables pour toutes les femmes, car le vaccin ne cible que les sous-types 16 et 18 du virus (présents dans seulement 70% des cas de cancer). Un inconvénient de la vaccination pourrait être de répandre l’idée que le vaccin rend les tests superflus.
  • Ce vaccin était initialement destiné aux pays émergents (80% des cas de cancer de l’utérus), mais il s’est révélé sensible à la chaleur (il devient même dangereux) et beaucoup trop cher ; d’où un certain paradoxe : nous en avons moins besoin, mais nous pouvons le payer...
  • Il existe une certaine pression psychologique due à la campagne de vaccination : si je ne vaccine pas ma fille maintenant, les coûts seront à ma charge.
  • Le vaccin est inutile si la personne a déjà été en contact avec le ou les virus et on ne sait pas si la vaccination d’une jeune fille qui a déjà été en contact avec le virus peut avoir des effets secondaires.
  • Si une personne fait une réaction à la première injection, il faut absolument éviter une seconde dose de vaccin, car des problèmes graves peuvent survenir.
  • Plusieurs décès en Europe et dans le monde sont imputés au vaccin, mais les relations de cause à effet sont difficiles à établir et ces cas ne sont pas vraiment comptabilisés dans les risques. Par contre, un certain nombre de jeunes filles ou femmes vaccinées ont eu des problèmes médicaux sévères dans les mois qui ont suivi la vaccination (cas plus nombreux que dans les groupes témoin).

Suite à la conférence, certaines personnes présentes ont déclaré avoir plus de questions après qu’avant. Une maman m’a, par ailleurs, confié son désarroi face à la colère de sa fille -convaincue par la présentation du vaccin faite à l’école- de n’avoir pas accepté la vaccination à l’école, elle-même étant confortée dans sa décision après avoir écouté les trois intervenantes.

Il m’est impossible d’approfondir ici tous les points abordés, mais il existe beaucoup de sources d’informations auxquelles vous pouvez vous référer. Le sujet est effectivement complexe et la décision difficile à prendre. Dans l’idée d’aider les parents qui n’ont pas encore fait leur choix, j’aimerais leur proposer de mettre en balance :

  • leur peur et leur envie de faire le mieux possible pour leur(s) enfant(s)
  • l’efficacité du vaccin pour 2 virus susceptibles d’entraîner le cancer
  • les risques relativement faibles dans notre pays d’avoir un cancer du col de l’utérus (je ne parle pas des risques d’être infecté par les papillomavirus),
  • les moyens de dépistage très efficaces à notre disposition (frottis réguliers)
  • la régression spontanée de 90% des cas d’infection
  • les moyens de guérir les lésions dues aux papillomavirus avant qu’elles ne deviennent un cancer (qui effectivement ne se guérit pas bien)
  • les intérêts financiers énormes pour les firmes pharmaceutiques
  • les risques liés au vaccin (on manque de recul)
  • le coût élevé (vaccin le plus cher jamais produit) : malgré le remboursement sans franchise par les assurances, au final, c’est quand même nous qui payons.

Je tiens pour terminer à remercier l’APE de Terre-Sainte pour l’organisation de cette conférence très intéressante et bien sûr les trois intervenantes qui ont exposé leur point de vue dans un grand respect réciproque, même si certaines remarques ont provoqué quelques grimaces...

Marianne Pollet


Liens internet utiles

www.ape-vaud.ch
www.sanimedia.ch Information en santé publique de l’Etat de Vaud
www.infovaccins.ch Groupe médical de réflexion sur les vaccins
www.tellsomeone.ch Laboratoire Sanofi Pasteur MSD
www.claudeberaud.fr/ ?19-faut-il-vacciner-les-jeunes-filles-contre-les-papillomavirus-humains
www.hebdo.ch/edition/200835/actuels/interview/franco_cavalli_le_vaccin_pas_forcement_un_benefice.htm
www.amge.ch/index.php ?Itemid=96&id=2312&option=com_content&task=view
http://titan.revmed.ch/infos/article.php3 ?sid=3108
www.infovac.ch

Si cet article ou un autre vous inspire une réaction ou une réflexion que vous aimeriez partager, n’hésitez pas à écrire à l’adresse de l’association : le comité de l’APE sera heureux de publier votre avis dans le prochain numéro.

[1] pour ceux qui ne les ont pas, cf. liens à la fin de cet article

[2] Colposcopie - technique d’examen du col de l’utérus à l’aide d’un appareil électronique dans le but de détecter la présence éventuelle de cellules anormales.

[3] Groupe qui a écrit « Qui aime bien, vaccine peu »,Jouvence 2007