L’apé s’est beaucoup investie dans la réflexion sur l’accueil parascolaire, la journée de l’enfant et la mise en œuvre de la LAJE. La refonte de la loi scolaire engagée dans le cadre de la mise en œuvre des accords HarmoS nous permet aujourd’hui de consolider tous ces travaux.
Les parents souhaitent assumer pleinement leur responsabilité éducative. Pour ce faire, ils estiment qu’un suivi, une cohérence dans la prise en charge des enfants doit pouvoir être asurée de façon complémentaire entre l’école, la famille et les structures d’accueil. La prise en charge parascolaire permet de conjuguer la responsabilité éducative des parents avec leur insertion dans la vie professionnelle. Elle contribue aussi à gommer les inégalités sociales au sein de l’école. C’est pourquoi, les dépenses en faveur d’un accueil de qualité représentent non seulement un investissement pour l’avenir mais des économies futures de la facture sociale.
En 2006, nous avons réalisé un état des lieux de l’accueil parascolaire qui avait permis de mettre en lumière les grandes disparités existant dans le canton à ce sujet. Parmi les quelques recommandations que nous avions faites, quelques une restent d’actualité :
Mais qu’entend-t-on par accueil parascolaire ? Et qu’attend-t-on de l’accueil parascolaire ? Indépendamment de ce qui est aujourd’hui reconnu et financé par la FAJE, quels sont les différents types d’accueil parascolaire auxquels les familles peuvent recourir ? Qu’en est-il des devoirs surveillés et des activités sportives et/ou culturelles auxquelles participent nos enfants ?
La notion de parascolaire est trop vague et trop floue ; elle doit être clarifiée avec tous les acteurs concernés.
Pour l’apé, outre la nécessité de clarifier la nomenclature, il convient donc aussi de définir la mission de l’accueil parascolaire.
HarmoS et la journée de l’enfant écolier HarmoS concrétise la volonté populaire d’harmoniser les systèmes scolaires suisses. Les accords, ratifiés par le Grand Conseil vaudois en avril dernier, impliquent pour le canton de Vaud une refonte de la loi scolaire et de son règlement d’application dans un délai court, imposé par le traitement en parallèle de l’initiative « Ecole 2010 ». Le coup d’envoi de ce vaste chantier a été donné en octobre 2008.
Le concordat HarmoS prévoit en son article11 que « les horaires blocs soient privilégiés dans l’organisation de l’enseignement ». De plus, « une offre appropriée de prise en charge des élèves est proposée en dehors du temps d’enseignement (structures de jour). L’usage de cette offre est facultatif et implique en principe une participation financière des parents ».
Dans ce cadre l’apé s’est fixé différentes priorités parmi lesquelles figure la nécessité « d"aménager les rythmes scolaires et la journée de l’écolier, en coordination avec les structures de jour extrafamiliales, afin que les enfants et les jeunes bénéficient de façon continue d’une prise en charge et d’un soutien correspondant à leur âge et à leur degré d’autonomie ».
La LAJE
La Loi sur l’Accueil de Jour des Enfants a commencé à déployer pleinement ses effets depuis le 1er janvier 2007. Rappelons que cette loi a pour but d’encourager la création de nouvelles places d’accueil et d’organiser leur financement, mais aussi de garantir la qualité de l’encadrement de nos enfants.
Il fallait un cadre légal pour garantir à la fois la qualité de l’accueil de jour (autour d’un projet socio-éducatif), ainsi que son accessibilité financière et géographique. Pourtant, le chemin à parcourir pour atteindre une véritable équité dans ce domaine aussi est encore long et parsemé d’embûches.
Membre de la Chambre consultative de la Fondation pour l’accueil de Jour des Enfants, l’apé suit ainsi de près l’évolution de la situation du parascolaire dans le canton et peut faire des propositions d’amélioration.
Parmi les avantages qui ont découlé la LAJE, citons :
Mais, la LAJE a aussi engendré quelques biais :
Parents, professionnels et autres doivent se réunir pour “promouvoir l’épanouissement de la personnalité de l’enfant et le développement de ses dons et de ses aptitudes mentales et physiques, dans toutes la mesure de leur potentialité” (Art.29 de la Convention internationale des Droits de l’Enfant)
Nous avons un jour choisi de devenir parent, enseignant ou éducateur.
C’est aussi un engagement ; celui de promouvoir l’épanouissement de sa personnalité et le développement de ses dons et de ses aptitudes, dans toute la mesure de ses potentialités. Voilà notre projet commun. Le bien-être d’un enfant dépend d’une prise en charge concertée et harmonieuse par tous les adultes qui l’entourent. Pour qu’un enfant puisse grandir sereinement, il est capital que les différents contextes de son quotidien soient bienveillants et coordonnés entre eux.
Si notre rôle de parents est essentiel, il est indéniable que c’est aussi à l’école et dans les infrastructures parascolaires que nos enfants font leurs premiers apprentissages de la vie en société. Ils apprennent à s’intéresser à autrui, à écouter d’autres opinions et à se faire la leur. Bref, ils apprennent l’autonomie, forment leur esprit critique et développent ainsi leur sens des responsabilités.
Les rôles, complémentaires, des parents, de l’école et des structures d’accueil évoluent ; nous l’avons dit. Nous devons donc avant tout échanger et nous entendre à ce sujet. Entre affectif et normatif, entre éducation, instruction et socialisation, nous portons chacun sur les enfants un regard différent.
Cette diversité les enrichira si nous, adultes, nous nous respectons, partageons nos expériences et sommes cohérents. Car la collaboration ne se décrète pas, elle se construira dans le climat de confiance et dans la « communauté éducative » que nous aurons ainsi créée autour des enfants dont nous partageons la responsabilité.
Le rôle des parents est avant tout éducatif : éduquer un enfant, l’accompagner, dans la mesure de nos compétences, pour qu’il devienne un adulte autonome et heureux est source de beaucoup de joie et de satisfaction. Apprendre être autonome et à vivre en société, dans le respect des autres et des règles établies, suivre et encadrer le travail scolaire, structurer les temps libres, mettre en place de bonnes conditions d’hygiène de vie (horaires, sommeil, repas, etc.), être en contact régulier avec les enseignants (réunions de parents, etc) et les professionnels, sont autant de responsabilités qui incombent aux parents dans leur mission éducative. On l’imagine aisément, et les études le montrent, l’inégalité dans l’éducation est étroitement liée à l’environnement familial.
Quant à l’Ecole, si l’on se réfère à ses textes fondateurs, son rôle consiste essentiellement à instruire les enfants en collaboration avec les parents :
La mission des structures parascolaires doit dès lors à la fois :
Il s’agit donc d’offrir une prise en charge des enfants - structurée, adaptée et de qualité en dehors des temps d’école et des moments familiaux. Cette prise en charge doit se fonder sur un projet socio-éducatif.
Définir un projet socio-éducatif qui conjugue, pour l’enfant, prise en charge de qualité et autonomie :
Bienveillance :
Créer un climat de sécurité, de continuité, de sensibilité, stimulant et gratifiant, un lieu bienveillant où nos enfants peuvent tisser des liens et se sentent en confiance.
Confiance
Un lieu qui inspire confiance aux parents, où les rôles et responsabilités de chacun sont clairement définis, sans jugement...
“Nous sommes de bons professionnels et de bons parents”
Collaboration avec la famille : être partenaires
Pour permettre aux familles de concilier vie familiale, scolaire et professionnelle, aménager ensemble des journées équilibrées pour nos enfants avec une prise en charge de qualité, adaptée à l’âge et au degré d’autonomie de chaque enfant et favoriser l’intégration des enfants “différents”.
Communication
Définir des canaux de communication (quand, comment ?), offrir une information régulière et de qualité, créer des espaces (formels et informels) pour le partage d’expérience et le dialogue autour de l’enfant.
Pour l’APE, la généralisation des structures parascolaires représente un énorme potentiel positif pour notre société, comme moyen de réduire l’inégalité des chances dans notre société, de faire avancer l’égalité des genres, d’augmenter le niveau général de la formation et d’investir ainsi dans la citoyenneté.